Score de productivité de Microsoft 365 : retour sur un scandale

Il a été lancé en octobre et il n’a pas fait que des adeptes. Microsoft avait promis avec son “score de productivité” un outil permettant aux utilisateurs de “tirer parti de la technologie pour identifier les points d’amélioration de leur organisation”. C’était sans compter sur les défenseurs de la vie privée et de la confidentialité. 

Qu’est-ce que le “score de productivité” de MS 365 ?

  • Le “score de productivité” était initialement destiné aux professionnels utilisant Office 365. Il a été officiellement proposé aux entreprises en octobre 2020. 
  • Il entendait permettre d’établir un “score de productivité” auprès des utilisateurs d’Office 365. 
  • L’objectif, pour Microsoft : permettre aux entreprises de “tirer parti de la technologie pour identifier des points d’amélioration dans leur organisation”. 
  • Le score (sur 800) est calculé en fonction de plusieurs données récoltées par les outils d’Office 365 : temps passé sur Teams, temps passé à rédiger, nombre d’e-mails envoyés, pauses, nombre de documents partagés ou manipulés, actions entreprises sur OneDrive, temps passé en réunion… Le tout dans un temps donné. 
  • Le but : permettre aux managers et aux employeurs de comparer le score à celui de leurs concurrents et d’optimiser le travail de leurs effectifs. Et de mieux orienter ensuite les habitudes de travail pour aboutir à une meileure organisation… 
  • Sauf que tout ne s’est pas passé comme Microsoft le pensait… 

Vie privée : Microsoft accusé d’encourager la surveillance des employés 

  • Le score de productivité a en effet rapidement été perçu comme un instrument de surveillance, qui pourrait avoir une influence négative sur les performances des équipes. 
  • Dans un contexte de Covid-19, de confinement et de télétravail, l’outil a vite été perçu comme une dérive et une manière d’encourager la surveillance des employés. D’autant que les statistiques se limitent à l’environnement Microsoft et ne prennent pas en compte le temps passé sur d’autres outils. 
  • Les détracteurs ont très vite qualifié l’outil d’arme de surveillance constante qui s’apparente à de la maltraitance psychologique. 
  • Microsoft a eu beau s’en défendre, et arguer que l’outil ne permettait pas de savoir ce que faisaient les employés, le mal était fait… 

“Flicage managérial” : Microsoft rétropédale et modifie son outil 

  • La CNIL (commission nationale de l’informatique et des libertés) ne s’est pas exprimée spécifiquement sur le score de productivité de Microsoft. Elle a toutefois mis en garde contre l’utilisation des outils de télésurveillance des salariés. 
  • Elle a ainsi rappelé : “Si le pouvoir de contrôle de l’employeur est une contrepartie normale et inhérente au contrat de travail, les juridictions ont rappelé de manière constante que ce pouvoir ne saurait être exercé de manière excessive”. 
  • Microsoft n’a donc eu d’autre choix que de rétropédaler. 
  • A la clé, la modification du score de productivité a été annoncée par Microsoft le 1er décembre de manière à le rendre moins intrusif et à éviter qu’il ne puisse servir à suivre l’engagement d’un employé en particulier. 
  • La société a précisé : “Nous pensons que le respect de la vie privée est un droit humain, et nous sommes profondément attachés à la vie privée de chaque personne qui utilise nos produits”. 

Quelles modifications concrètes pour l’outil de Microsoft 365 ?

  • Il n’était pas question pour Microsoft de renoncer au score de productivité en tant que tel. 
  • Il s’agit en effet pour l’entreprise d’un “outil qui aide les organisations à mesurer et à gérer l’adoption de Microsoft 365”. 
  • Pour corriger le tir, Microsoft a donc réalisé deux modifications majeures. 
  • D’une part, il est désormais impossible d’avoir une vue sur les statistiques d’une personne en particulier. L’agrégation de données se fait au niveau de l’organisation dans laquelle elle se trouve. Les statistiques nominatives, initialement disponibles lors de la preview du service pour une période de 28 jours, sont donc supprimées. 
  • Des ajustements concernant l’interface ont également été annoncés. L’objectif : rendre palpable l’idée qu’il s’agit d’une mesure de l’adoption de la technologie par l’organisation, et non d’un flicage individuel des employés.  
  • Toujours est-il que Microsoft assure son engagement en faveur de la vie privée et de la confidentialité, et se défend totalement d’avoir voulu créer un outil de surveillance massive. 

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